Hommage à la diaspora nigerienne

11 juillet 2010

Une diaspora constructive : les nigériens face à leur destin.

Séminaire Niger

Ils sont docteurs, détenteurs de masters dans les grandes universités de Belgique. En eux, se dégagent une certaine simplicité, de sobriété dans la manière d’engager une conversation. D’aucuns diront qu’ils sont de nature respectueuses, très courtois, que cette manière de manifester se retrouve dans leur culture ; Cela va s’en dire. Ils ne sont pas venus avec des textes gonflant pour faire parler d’eux ou avoir une place au soleil. Dieu seul sait qu’ils sont déjà actifs dans leur communauté respective malgré l’instabilité qui secoue leur pays. Ils ont privilégié avant tout leur peuple et refusent de voir encore défiler dans les médias, des images insoutenables lors de la crise alimentaire qu’a connu le pays. Cette communauté qui nous a adressé une invitation pour assister à la 3ème édition du séminaire d’échange des diplômés nigériens en Belgique (ADNB)organisée le 10 juillet 2010 dans la grande salle de fête du placet (centre interculturelle de l'université de Louvain-la-Neuve) , est celle du Niger en phase avec les réalités de leur pays, bien déterminée à participer à la vie politique du Niger mais pas seulement, la preuve en est les thèmes sur lesquels ils se sont penchés :

   Evaluation des ressources en eau souterraines dans le bassin de Dargol (Liptako – Niger)

   Analyse et amélioration du maraîchage basé sur la culture de tomate du site périurbain de Gamkalé au Niger

   Etude de l’extrémité 3’ du genone du virus « Peanut Clump Virus »(PCV)

   L’amélioration de la productivité des cultures vivrières au Niger : cas du sorgho de la commune rurale de Tanga

   Promotion des énergies renouvelables et des biocarburants au Sahel : cas de la biomasse-énergie au Sénégal

Et enfin,

   Quelles alternatives pour la consolidation de la démocratie au Niger ?

A cette dernière interrogation, GARBA Abdoul-Azizou master en science politique, appelé expressément par la junte au pouvoir pour participer à la rédaction du nouvel texte fondamental qui va régir le Niger était là pour apporter des réponses et en même temps, présenter l’avant projet de loi qui sera soumis au référendum. Hassoumi Doudou docteur en communication n’est pas du reste. Il va faire preuve d’habilité pour présenter la vie politique de son pays.

Les participants à cette assise alternent formation en Belgique et en même temps, coordonnent des activités des ONG sur le terrain. Biochimie, agroalimentaire, voilà leur domaine de prédilection. A la question de savoir pourquoi ils collaborent avec les putschistes, la réponse est ferme et sans équivoque : « on ne va quand même pas les laisser seul alors qu’ils ont besoin de nous ! Le Niger est à construire pas à reconstruire et c’est brique par bique, main calleuse contre main calleuse qu’ils parviendront ». Et de poursuivre : « il faut croire aux hommes et les prendre aux mots. Nous avons diverses manières d’ appréhender des solutions pour notre peuple mais c’est ensemble que nous y parviendront ». Cette réponse pourrait paraître incompréhensible quand cela se passe sous d’autres cieux mais nous sommes dans une autre réalité, loin de ce que peuvent penser d’autres peuples.

L’édition de cette année a réuni ensemble et les initiateurs de projets de développement au Niger et les exécutants c’est-à-dire les étudiants nigériens installés en Belgique. Dans leurs bagages de retour de mission, des échantillons de semences, de virus, destinés à analyser dans les laboratoires de leur faculté. Dans sa présentation pour la maîtrise du virus (PCV), KADRI NOUHOU Rékia estime que cela leur permettra de proposer des semences plus résistant à ce virus aux agriculteurs.

Dans ce combat pour l’amélioration de condition de vie de leur concitoyen et dans la recherche d’un cadre de travail, les étudiants diplômés du Niger peuvent compter sur leur Ambassadeur qui n’a pas lésiné sur les moyens pour leur apporter son soutien indéfectible. Dans son allocution, l’ambassadeur à rappeler les deux dernières éditions de cette assise et l’impact positif qu’elles ont eu sur les ONG de Belgique, ce qui les ont poussé à s’intéresser davantage à d’autres projets. Il a appelé ses compatriotes à l’abnégation et au travaille bien fait afin d’améliorer la vie des paysans nigériens. Avant de passer la parole à l’ambassadeur de la Guinée, celui du Niger a remercié le président des étudiants étrangers à L’UCL (Université Catholique de Louvain) et les appeler à beaucoup plus de fraternité car le problème du Niger concerne tous les africains soucieux du bien être de leur peuple.

Pour sa part, l’ambassadeur de la Guinée s’est dit séduit par le sursaut d’orgueil des nigériens pour l’intérêt qu’il porte à leur pays. Il les invite à faire en sorte que leurs recherches puissent profiter aussi au peuple frère de la Guinée car dit-il, nos réalités sont transversales.

Un débat technique s’en est suivi entre l’assistance et ceux qui sont opérationnelles sur le terrain afin de confronter, de partager des connaissances. C’est sur cette note que le président de l’ADNB (Association des Diplômés Nigériens en Belgique) Mamouda Bachar, a clôturé le séminaire.

Xavier Nougblega, tultogo.com